
Love to
Death, An Imaginary Future
Chapitre
5
Il est impossible de récuser ce fait, à
présent, tout est devant mes yeux. Sous l’effet de la
stupeur d’un aveu impromptu, j’avais compris ce qui se
passait chez Adam. Il est gay et ça ne fait aucun doute
maintenant, ou Bi tout du moins. Mais le plus gros bémol qui
m’a fendu le cœur c’est Tristan, Tristan est un
problème. Mais tout de même ! j’ai enfin pu
jouir d’une victoire sans pareille.. j’ai trouvé
cela tout à fait prodigieux. Peut-être qu’il est
pris pour le moment, mais savoir qu’il éprouve la
même attirance que moi pour une catégorie de personne
bien déterminée est un atout considérable.
Rien que le fait d’imaginer qu’Adam eut
été hétéro provoque en moi de
pénibles remouds. A ajouter là dessus le fait que lui
et moi nous entendions bien est extraordinaire. Je ne
bénéficie même pas du vocabulaire
approprié pour décrire mes sentiments, domaine qui
constitue pourtant mon expertise habituelle, pour dépeindre
avec exactitude ce que je ressens à l’heure
actuelle.
Moi qui ai voulu rejoindre ce couple ce jour-là, moi qui ai
été témoin de leur baiser partagé avec
frénésie, c’était en
réalité Adam et Tristan ! En prononçant leurs
prénoms respectifs je me rendis compte avec tristesse du
rime parfait. C’est vrai qu’Adam et Léopold
n’atteint pas l’osmose escompté…
Toujours est-il que le premier couple que j’ai
rencontré après la discussion d’avec
Saké s’averrait être ces deux-là ! Et
quand je les ai vus, moi, assis dans l’herbe débattant
sur la nature de leur sentiments, s’en aller comme pris de
fortes pulsions hormonales réciproques, j’avais
tellement envie de les rejoindre !! Adam… qu’as tu
bien pu faire avec lui ? Je me demande encore si tout cela est
possible.
Après la réponse d’Adam, je restai quelques
secondes coi avant de reprendre, comme mis en appétit par
cette révélation :
-
j’ai jamais entendu parler de Tristan …
(tout en espérant plus d’indications)
-
c’est un ami du conservatoire ça fait plusieurs
années qu’on joue ensemble
(j’avais oublié de préciser qu’Adam
faisait de la gratte)
- ah ..
d’accord.
A partir de là, deux options s’offraient à moi
: soit je choisissais d’avouer avoir été
présent sur les lieux du crime, soit je choisissais
d’aller plus loin encore et d’engager le dialogue vers
un voie un peu plus personnelle … Tandis que je
méditais sur le choix le plus opportun, il reprit :
- si tu
veux il faudra qu’on se fasse un truc un jour ensemble
!
J’étais de nouveau sous le charme de son
incroyable gentillesse. Je ne peux rester de marbre face à
tout ça … faut que je réagisse bordel !
- en fait
hier j’étais …
Mais je fus coupé brutalement par le professeur
d’anglais qui nous somma d’entrer en classe. Son
interruption me fit perdre tout courage qui avait été
mien en la présence d’Adam.
Je me rongeai l’âme de ne pas avoir avancé sur
le terrain de notre relation. Peut-être que je ne suis pas
encore suffisamment prêt … peut-être que je
nécessite encore plus de maturité … toujours
est-il que j’ai peur de ne pas être aimé
d’Adam.. j’ai peur qu’il ne m’accepte pas
…
Je sortis donc mes affaires et les installai sur mon bureau. La
pendule de la salle était accrochée au mur en face de
moi c’est-à-dire dans l’axe d’Adam, en
gros je ne paraissais pas si suspect que ça de
l’observer vu que je pouvais très bien fixer
l’horloge … même si la beauté
d’Adam, même de derrière était
préférable. Tout en faisant des dessins inutiles sur
un coin de mon cahier, j’entrepris une longue souffrance
avant la fin des cours.
A la sortie du Lycée, alors que cette journée qui
m’avait paru durer des mois arrivait finalement à son
terme, je m’empressai de trouver Adam pour poursuivre notre
dialogue mais ce foutu destin en avait décidé
autrement : je perdis sa trace malgré moi dans le tumulte
qui s’imposait. 1500 lycéens, ça ne
s’élimine pas comme ça même si je
n’avais aucune envie de lésiner sur
l’utilisation abusive de Napalm pour supprimer tous les
obstacles qui me séparaient d’Adam, en particulier
Tristan qui figure en tête de liste (blague à part
bien évidemment) Il m’était impossible de
m’arrêter là… je ne pouvais pas
simplement rentrer chez moi et me détendre tranquillement
dans mon univers si familier …
Des affaires plus urgentes méritaient mon attention. Il me
fallait rencontrer Tristan.
La rue du Lycée est particulièrement abondante, il y
a vraiment de tout. Que ce soit en magasins, en véhicule, en
braderies, en couples dépravés ou en détritus,
difficile de faire le tri avec tout ça. J’ai quand
même réussi à nager à travers ce
parcours aventure et à y rencontrer Jay sur le chemin, qui
m’a tout de suite raconté ses histoires de cocuage
à deux balles.
-
salut Jay bien ?
- et bah
pas vraiment tu sais que je sors avec Yana en ce moment ? et bah
l’autre soir il y avait aussi Fanny et on a couché
ensemble alors qu’on était dans l’appart’
de Yanna.. j’ai vraiment tout foiré
…
- putain tu
couches avec girouette cette ****** !! t’es vraiment stupide
en plus c’est vraiment qu’une conne
!
- tu dis
ça parce qu’elle sait que t’es
gay
(putain c’est pas vrai…)
- je ne le
suis pas c’est juste qu’elle veut se venger de moi
parce qu’on s’est pris la tête
..
- elle ne
l’a pas dit à tout le monde elle me le juste dit
à moi et à quelques autres parce qu’elle sait
qu’on est de bons potes, t’inquiète pas
…
( je rêve ou il insiste ?)
-
qu’est-ce que tu peux savoir toi à toujours coucher
avec n’importe qui !
- c’est faux
! je sais qu’on est potes et que tu aurais pu m’en
parler… ! Je peux te comprendre tu sais
…
( je crois que je rêve)
- mais
bordel qu’est-ce que tu en as à foutre ?
honnêtement tu me casses vraiment les couilles en ce moment
donc barre-toi et laisse-moi tranquille.
(je ne sais pas ce qui m’a pris à ce moment-là.
Je crois que je commence à en avoir marre de lui. J’ai
toujours été jaloux de lui et de ses conquêtes.
Il n’a jamais vraiment eu à trimer ou à
souffrir dans sa vie alors comment peut-il prétendre pouvoir
me venir en aide en me rappelant que je suis gay merde !
Je m’en fous qu’il soit au courant après tout,
avec un peu de chance, je crois espérer sans m’en
rendre compte qu‘Adam viendra à moi avec tous les
efforts que je mets en œuvre..)
Je ne lui ai même pas laissé le temps de riposter
à mon affront verbal en traçant ma route avec
zèle. J’atteignais donc avec une vitesse fulgurante,
le conservatoire duquel je poussais les portes avec entrain.
Arrivé à la réception, je demande avec
indiscrétion si un certain Tristan a cours
aujourd’hui. On me répond que non seulement les mardis
et jeudi, au moins, je n’aurais donc pas à effectuer
de recherches approfondies sur ses horaires..
Je m’asseyais donc sur le banc à l’entrée
pour faire le point. La tête posée entre les mains,
les yeux clos, je réfléchissais à tout ce qui
avait pu m’amener là. En me regardant, les gens du
conservatoire auraient pu me prendre pour un vieux
dépressif. Toujours est-il qu’il me fallait trouver
Tristan, aujourd’hui même. Avant de m’en aller,
je demandai sans grand espoir à quel établissement il
étudiait. J’appris, contre tout attente, qu’il
était coiffeur au centre ville. J’ouvris de grands
yeux devant cette réponse. Il travaillait donc ? Il avait
déjà un boulot ? Quel âge avait-il ? La nature
de son emploi ne m’étonna point même si les
préjugés y sont en grande partie responsables. Je
voulais demander son âge mais je m’y résignai,
de peur de paraître trop suspect aux yeux de cette dame.
J’allais avoir une chance de le rencontrer personnellement.
Mais que vais-je lui dire ? « alors comme ça tu te
tapes le mec avec qui je veux sortir ? » c’est pas
très fairplay sachant qu’il m’a
déjà devancé ..
Je trouverai bien sur place, je suis doué pour ça. Le
monde du centre ville me rend claustrophobe. J’adore le
monde, je suis vraiment fan du genre hein, c’est pour dire !
Mais quand je suis absorbé par quelque chose, qui plus est
en rapport avec moi, j’entre dans un état second
spécifique à mes envies et ma détermination.
Je ne supporte pas qu’on se mette en travers de mon chemin.
J'étais debout devant la porte vitrée aux verres
fumés portant l'indication "salon de coifure"; je la poussai
dans l’espoir de mettre un terme rapide à la
gêne du premier instant de rencontre, mais c'était
sans compter sur ma chance à toute épreuve.
L'entrée était close, l’heure de fermeture
devait avoir été dépassée. Tandis que
je rebroussai chemin misérablement, je tombai nez à
nez avec un grand et beau jeune homme qui venait de passer une
porte adjacente dans cette rue bombée par la foule. Les
cheveux, aussi magnifiques que ceux d’Adam, lui arrivaient au
cou, les yeux marrons avec des teintes bleues, on aurait dit Adam
en un peu plus vieux . je fus déstabilisé par la
ressemblance. Il me fixa d’un regard dérangeant,
presque oppressant. J’ignore ce que je ressentis exactement
à cette vue plaisante, mais ce devait être similaire
à une certaine attirance. Il s’approcha lentement vers
moi alors que je perdais mon sang-froid pour m’adresser la
parole :
- tu
cherches quelque chose ? c’est pour un rendez-vous
?
(quelle voix sublime …)
-
en…en vérité je voulais faire la connaissance
de l’ami de quelqu’un que je connais bien .. mais il
est introuvable et je sais qu’il s’agit de son petit
copain et je voulais lui parler.
( !!! devant mon incroyable stress je dis vraiment n’importe
quoi ! Il n’était pas question de lui dire ça
!)
- Ah ?
vraiment ? et il travaille ici ? c’est quoi son prénom
?
(ça n’a pas l’air de le
déranger..)
- oui
exactement, il s’appelle Tristan vous savez où je peux
le trouver ?
- Ah ! Bien
sûr !! c’est mon voisin tu n’as qu’a
m’accompagner je te montrerai où il
habite.
(ce n’est donc pas lui Tristan…)
En plus d’être d’une beauté à
couper le souffle, il se montre d’une gentillesse sans
pareille. S’il n’y avait pas Adam, je crois que je
serais assez fou pour l’embrasser et le ramener chez moi
!
Nous avons donc pris la direction de son appartement afin de faire
la connaissance de Tristan. C’est encore le même
problème qui se pose à moi : que pourrais-je bien lui
dire quand il m’ouvrira sa porte ?
L’homme qui s’avère être son voisin
travaille en réalité au salon de coiffure du centre
ville. Il m’a été très sympathique tout
au long du trajet, on a bien discuté et il m’a
même affirmé la joie que cela lui avait procuré
de faire ma connaissance à travers de multiples remarques.
J’ai été touché par sa
sensibilité naturelle. Je pense que je le reverrai, cela ne
fait aucun doute. Il m’a dit qu’il avait son propre
appartement et que ses parents étaient
décédés, mais qu’il avait pu reprendre
une vie normale notamment à travers les voyages qu’il
entreprend…un beau voyageur c’est romantique
…
On arrivait sur le lieu convoité. Il s’agissait
d’une résidence privée qui
s’étendait sur une grande distance. Passé la
première porte, on se retrouvait dans une cour
intérieure qui menait à une sorte de petit espace
vert sur lequel étaient installés des bancs et des
jeux pour enfants. Croyant être à
l’extérieur, je pensais lui demander où cela
nous menait mais je remarquai qu’il s’agissait
d’un espace clos, cerné par les appartements de la
résidence. On avançait donc jusqu'à la porte
à l’opposée à la
précédente. Il y a avait un couple qui
s’embrassait. C’était moche, mais même
laid, ce couple nous avait gêné tous les deux, nous
qui ne nous connaissions pas encore bien. On montait donc des
escaliers qui me paraissaient interminables pour finalement arriver
sur le palier d’un appartement numéroté «
12 ».
-
c’est par là, me dit-il
Je ne compris par pourquoi, mais il sortit un trousseau de
clé de sa poche et, une fois qu’il trouva celle qui
l’intéressait, il l’utilisa pour ouvrir la porte
blindée. J’entrai donc, pensant qu’il avait
quelque chose à aller récupérer dans son
appartement pour ensuite me montrer celui de Tristan, c’est
pour cette raison que je m’étais abstenu de tout
commentaire, mais il me demanda, une fois à
l’intérieur, de refermer la porte.
-
qu’est-ce qu’on fait ici ?
(je trouvais cela bien étrange)
- on y
est
(moment de panique)
- dans ton
appartement ?
- Oui,
c’est moi Tristan.
Et alors là, il se passa quelque chose. Sans même
qu’il me laissa poser quelque nouvelles questions, il me prit
violemment contre la porte et je fus pris de court par de tendres
lèvres qui s’apposèrent aux miennes dans un
baiser farouche.